Archive

Articles taggués ‘cristaux’

Ils rêvent sur Caroline Daily

Comme vous le savez, nous avons organisé un concours pour gagner des places pour la revue.

Voici les 3 plus beaux billets publiés sur Caroline Daily.

Je cite:

Premier prix : Deux places en carré or pour la représentation du 7 septembre pour Chups

Son texte est frais et vivant à la fois, on sent un vrai amour du glamour et du burlesque

« » Too much is never enough» .

Petite, je passais des heures dans le grenier à fouiller Burlesque 1dans des vieilles malles remplies de fanfreluches, de vieux jouets et de vêtements oubliés. J’y dégotais des trésors : robes en satin à volants et paillettes, tuniques dorées, couronnes en plastiques, escarpins patinés, boucles d’oreilles démesurées… Du doré, du rose, des paillettes, des rubans, des dentelles, rien n’était jamais trop extravagant à mon goût. En tant que princesse (oui, j’étais persuadée d’être née par infortune dans une famille désespérément normale), il fallait que ça brille ! Affublée de mon attirail, j’allais fouiller dans le maquillage de ma mère, pour me farder en bonne et due forme. Puis je gratifiais ma famille d’un défilé royal où, du haut de l’escalier, je leur faisais admirer mes splendides atours. M’obliger à porter les jeans des mes sœur aînées pour aller à l’école me semblait le comble de l’injustice. Comment, je ne pouvais pas aller à l’école dans ma traîne de princesse ??

Le temps a passé, et j’ai bien du constater que, hélas, la robe de princesse n’était pas de très bon ton dans l’openspace. Mes talons font déjà jaser, alors imaginez, des strass et un diadème !!

Et puis, j’ai découvert le burlesque. Et la princesse cachée au fond de moi a exulté. Des kilos de cristaux scintillants pour chaque costume ! Des plumes de marabout gigantesques, aussi douces et aériennes que des nuages aux tons pastels ! Des tailles de guêpes lacées dans les plus précieuses soieries ! Des faux cils qui touchent le ciel, des lèvres carmin parfaitement ourlées ! Des talons vertigineux ! Un monde où, enfin, le glamour est un art de vivre au quotidien ; Un monde dont la devise pourrait être « Too much is never enough ». Le burlesque, c’est le rêve de toutes les grandes filles qui veulent continuer à jouer à la princesse !» 

Deuxième prix : Deux places pour assister à la répétition générale, la « Couturière»  le 6 septembre pour Dooshin

Son texte est si bien écrit, une évidence.

« L’Art du Burlesque & ses effets secondaires

Dita
La salle est plongée dans l’obscurité. Les spectateurs attendent, retiennent leur souffle. Le rideau se lève. La salle entière pousse un soupir de soulagement. Elle est là, la danseuse burlesque, parée de ses plus beaux atours, le sourire aux lèvres. On n’attendait qu’elle. Dans chacun de ses mouvements se mêlent grâce, humour et sortilège. Ici, c’est le décor qui est assorti à l’artiste : star de cinéma hollywoodienne, simple baigneuse des années glorieuses, danseuse échappée du 19ème… Elle choisit le lieu, l’époque, la musique même, qui seront au service de la toile qu’elle dépeint. Elle est la femme fatale, celle qui dans chaque esprit a imprimé l’idée même de la féminité. Mais attention, toujours avec élégance et espièglerie. Le sourire est le plus doux de ses accessoires et il peut se révéler plus dévastateur que n’importe quelle chute de tissu.

Gants, escarpins, dentelles, bijoux, flots, soie, satin… Chacun de ces monuments de la féminité la rend plus belle, et chacun qu’elle enlève la rend plus désirable. Car finalement, le burlesque est aussi un effeuillage, dans le sens le plus élégant du terme. Un gant tombe, un escarpin glisse et c’est la salle tout entière qui frémit. Les cris fusent, et il y a toujours cette effervescence, comme si la diva pouvait ne pas s’effeuiller, mais simplement danser sous les yeux hypnotisés de ses spectateurs charmés. Mi-candides, mi-provocateurs, ses gestes ont la grâce du naturel et du spontané ; ils sont en fait le résultat d’heures acharnées à tenter de dompter le miroir devant lequel elle s’est longuement représentée. La bride d’une sandale haut perchée ou une pince dans une chevelure à la coiffure compliqué peuvent devenir un obstacle sur le chemin de plus en plus dénudé de la danseuse . Mais heureusement, avec la pointe d’humour qui convient au burlesque, l’incident ne devient plus qu’une sensuelle provocation pour le spectateur.

Et c’est lorsque la danseuse n’est plus parée que d’une robe de lumière que le rideau tombe cruellement. La salle se lève, et l’impression est tenace de n’avoir vécu qu’un rêve, encore baigné de la lueur d’une autre époque. Mais non, la magie était bien réelle et les spectateurs s’en vont maintenant, rêveurs, pris dans les filets de l’art du burlesque…

Le lendemain, certaines se surprendront d’une envie folle de rouge à lèvre carmin, de dentelles et de porte-jarretelles. D’autres enfileront comme à leur habitude leurs bas et leurs escarpins aux talons sans fin avec, en prime, le sentiment de participer à ce magnifique spectacle qu’est la femme contemporaine. C’est ça, la magie du burlesque, une envie de rendre sensuelle le quotidien… Avant, peut-être, de s’aventurer vers de plus audacieux chemins ;  )

Troisième prix : Deux places pour la « Couturière»  le 6 septembre pour Mandala

Son texte est si sincère que l’on ne pouvait que lui accorder ses places

» 
« Ce fut pendant l’été 1983, dans un downtown de Los Angeles, que j’appris ce qu’était l’Art du burlesque.burlesque Vous voyez, un de ces étés poisseux où la crasse de cette ville empreignait nos os et chaires. Je passais la plus part de mon temps à trainer dans les vidéos clubs, le Saint Crow était mon favoris, aller savoir pourquoi. Le reste de ce temps liquidé, je me laissai entrainer par Bukowski, l’ivrogne, au quatre coin de la ville, à la recherche de fraicheur si on veut. Pas très féminin, mais le L.A Times qui m’avait viré il y a deux semaines de cela, m’avait écrasé et je devais faire face. Bukowski était une pointure, je lui donnai quelques brides de mon temps en échange de découvertes exotiques. C’était ca ou la mort dans un motel glauque du périphérique de toute façon. Nous étions donc un mardi ou un jeudi, qu’importe, lorsque l’ivrogne vint frapper à ma porte. « Bouge ton cul ! J’en ai de bonnes à te montrer ! » Qu’il me dit. Il était très tôt, son habitude en était troublée. Après quinze minutes au bord de sa Ford mustang, il ralentit devant une petite maison de banlieue. Une Marilyn Monroe vint nous ouvrir. Une de plus me dis-je. Son nom c’était Betty. Pas extraordinaire comme fille à première vue, de beaux nibars rien de plus. De toute façon, nous n’ures pas l’occasion de nous attarder sur elle, qu’elle nous entraina dans une arrière pièce, et nous laissa tous les deux seuls sur le divan. Et cela pendant trois quart d’heures. « Qu’est ce qu’elle fait la nénette, hein Charles ? Elle n’se serait pas tailler par hasard ? » « Tscccht, patiente un peu ca en vaut le coup » qu’il me rétorqua.

Bukowski avait l’habitude de m’embarquer dans ses pérégrinations douteuses, sans doute oubliait-il parfois que j’étais une femme, moi aussi d’ailleurs. Je m’étais habituée à ses blagues salaces et ses tapes fraternelles dans le dos et l’idée de vivre avec comme seule préoccupation passer du bon temps, semblait pas si mal. Quelques minutes plus tard, la féline fit son entrée. Mon souffle se coupa à sept reprises. Elle glissa vers la petite scène qu’elle avait aménagée auparavant, le bruit de ses hauts talons vinrent rompre le silence, je retenais mon souffle de plus bel. Je me tournais vers Bukowski, qui était lui aussi cloué sur son siège. Je n’avais plus l’habitude de ressentir quelque chose, hormis pour la bière et c’était surprenant. Ridicule non ? Lorsque la petite lumière rouge de la table de chevet s’alluma je découvris une étrange chevelure noire ébène qui ondulait légèrement, le temps était happé dans cette chevelure, toute la pièce était littéralement englouti par cette chevelure. Son corps entier était dirigé par les mouvements de ses cheveux. Et l’idée de frémir à cause d’un bruit de talonnettes et d’un froissement gants m’apparu comme une ice cream frissonnante. La chevelure continua son show rien que pour nous. Petit à petit elle laissa tombé à terre son gant, son chemisier, ses bas pour faire apparaitre une peau crémeuse et d’un blanc immaculé, acte qui trancha définitivement avec ses sombres cheveux noirs. Puis elle continua d’onduler, tout doucement, la scène dura des siècles, chaque mouvements de sa part prenait une toute autre dimension.

Lorsque le show fut terminé, la jeune fille éteignit la petite lumière, et Bukowski m’entraina à l’extérieur. Il ne m’adresse pas un mot, et nous regagnons tous deux nos motels respectifs.

Une fois rentrée, je tentais de me remémorer l’après midi passée, en vint, les gestes de la ‘soyeuse’ s’estompèrent pas à pas. Je m’endormis donc sur ce sentiment étrange, un léger songe.» "


Pour celles et ceux qui souhaiteraient aller voir le spectacle, Gentry de Paris Revue est au Casino de Paris jusqu’au 17 septembre.

  • Share/Save/Bookmark