Ils rêvent sur le blog de la Pin-up
Comme vous le savez, nous avons organisé un concours pour gagner des places pour la revue.
Voici les 3 plus beaux billets publiés sur Le Blog de la pin-up.
Je cite :
Pour faire son choix parmis toutes les magnifiques proses et vers reçus, le jury a choisi de privilégier des textes différents.
Carry :
« Le burlesque, derrière le strass, les paillettes, les plumes qui caressent les yeux des spectateurs charmés de tant d’audace et de beauté, reste un univers paradoxal : derrière ces sourires enjôleurs, cette malice, ces coups de reins mutins, ces cambrures joueuses, il y a des heures de travail. Les danseuses burlesques sont de vraies artistes, qui transforment l’effort en grâce et sensualité, par la magie de la danse, de l’imagination, et de l’humour. L’éventail de Sally Rand efface d’un coup de plumes nos soucis avec panache.Dita noie dans sa coupe géante de Martini la morosité. Ces femmes véhiculent une image de la féminité gaie, glamour, soignée, mais sans effort apparent : elles ont le talent pour rendre naturelle et spontanée une sophistication travaillée.
Elles peuvent être des fantasmes pour les hommes, mais aussi de beaux exemples pour les femmes, car la réussite professionnelle et sociale de ces artistes saluées par la presse et le monde de la culture prouve qu’il n’y a rien de vulgaire dans leur métier, leur mode de vie, même, mais qu’au contraire, c’est une façon pour elle d’accomplir ce qu’elles sont. »
Eve
« Il était une fois un petit sequin, perdu dans son pot, entre fils et perlettes. Quand soudain une main aux ongles vernis de rouge, le saisit de ses doigts délicats, l’enfile et le coud avec soin, auprès de ses compagnons d’autrefois.
Ajusté sous un costume tout de voiles et de plumes, c’est pour lui le grand soir, le moment de briller.
Et déjà au son du Flamenco, voici le corset qui se délace dans son dos, et que tombe un jupon, une rose, et le haut. Puis encore, en pleine lumière, le voici qui virevolte au bout d’un sein dénudé, se décroche et s’écrase sur le sol à ses pieds.
La musique s’arrête et les applaudissements fusent ; même certains dans la salle se lève lorsque s’incline leur muse.
Quel étrange destin, cependant, pour un petit sequin, que de finir sur les planches d’un grand cabaret parisien, aux pieds d’une nymphe dont il ornait le sein… »
Stella
« Un bas qui glisse, soyeux, le long d’une jambe… Un froufrous de plumes… Un balancement des hanches, un scintillement de strass, les gants de Gilda et la gouaille de Mae West, un corset comme une friandise magique, et des paillettes, des paillettes, des paillettes… Peu importe si tout n’est qu’artifice, si les cils et les cheveux sont faux, si ce qui brille n’est pas de l’or. L’important c’est le rêve.
Le burlesque, c’est un mélange à parts égales de sexualité, de glamour et d’humour. S’il n’y a que la sexualité et l’humour, on est dans un sketch comique un peu vulgaire. Si c’est le sexe qui manque – le strip-tease – on est plus proche d’un numéro de danse ou de chant classique de music-hall. Et si on se prend trop au sérieux, on tombe soit dans le premier degré, celui avec des filles en string fluo qui lèchent les barres autour desquelles elles dansent, soit dans l’ennui le plus profond. Rien de tout cela n’est du burlesque. Le burlesque, c’est la femme sublimée, exagérée, transformée en déesse par le pouvoir des paillettes et de sa propre sensualité, mais qui est assez intelligente pour en rire. C’est un clin d’œil malicieux, et d’autant plus irrésistible.
C’est aussi beaucoup de travail. Choisir une musique, monter un numéro, élaborer un costume : la danseuse burlesque est, le plus souvent, danseuse, chorégraphe, couturière, maquilleuse et manager, quand ce n’est pas menuisier pour construire ses accessoires ! Et pourtant, tout doit avoir l’air facile et fluide, léger, évident. Là aussi, l’important c’est l’illusion.
Et puis… c’est peut-être aussi une forme de résistance. Contre le temps présent où tout doit aller vite et être pratique et efficace, depuis les vêtements jusqu’à la séduction. Face aux baskets, le burlesque dégaine les talons aiguille. Face au jeans, le corset. Face à la culotte en coton, les dessous opulents, pleins de dentelles et de rubans. Face au déshabillage rapide, le jeu langoureux de l’effeuillage, où chaque geste est mesuré pour troubler. Face au sexe qui s’étale partout, depuis les couvertures de magazines jusqu’aux émissions de télé grand public : le mystère. Le rêve. Encore et toujours. »






